MASA 2026 : Abidjan, laboratoire triomphal de la création spectaculaire panafricaine
Du 11 au 18 avril 2026, Abidjan est devenue, en l’espace d’une semaine, le grand poumon vivant des arts du spectacle sur le continent. La 14ᵉ édition du Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) s’est achevée samedi 18 avril au Palais de la Culture Bernard Binlin-Dadié, dans une apothéose qui restera gravée dans la mémoire collective. Sous le thème « Arts du spectacle en Afrique : outil d’intégration économique et sociale », cette édition bat tous les records des années précédentes et transforme la capitale économique ivoirienne en un véritable incubateur où tradition et modernité se sont donné la main pour dessiner l’avenir des arts vivants .
Dès l’ouverture, le MASA 2026 a imposé son ambition : faire des arts du spectacle un levier concret de développement, loin de toute folklorisation. Plus de 300 spectacles ont investi 17 salles et espaces publics. Plus de 500 000 spectateurs ont arpenté les scènes du Palais de la Culture, des places publiques et des quartiers populaires. 712 professionnels et plus de 150 groupes artistiques venus de 52 pays ont participé aux rencontres B2B. 311 programmateurs internationaux ont enchaîné plus de 1 063 rendez-vous d’affaires formels. Des chiffres qui dépassent nettement les éditions antérieures et confirment que 2026 constitue l’édition la plus ambitieuse à ce jour.
Une clôture à la hauteur d’un continent en mouvement
La cérémonie de clôture, samedi 18 avril, a offert une image forte de cette énergie. Au cœur de la soirée, Tiken Jah Fakoly a livré un concert puissant, accompagné de l’Orchestre philharmonique des Enfants d’Odienné. Le reggaeman ivoirien a réitéré son appel à l’unité africaine : « Unis, nous sommes plus forts ». Sur scène, reggae et orchestre symphonique se sont fondus dans une communion rare.
Cette édition a également rendu un hommage vibrant à Henriette Diabaté, figure historique de la Côte d’Ivoire, à travers le Prix qui porte son nom, décerné à la slameuse Soukeina Young. Le Grand Prix est allé à Marie-Pascale Obre et le Prix Tourisme à Mally la Slameuse.

Des artistes qui portent l’Afrique de demain
Parmi les 39 groupes et artistes sélectionnés par le comité (issus de 384 candidatures provenant de 52 pays), la diversité des disciplines a été remarquable : arts de la rue, cirque, conte, danse contemporaine, danse urbaine, spectacles jeune public, musique, slam et théâtre. Le comité a retenu 39 artistes et groupes originaires de 23 pays, parmi lesquels figuraient notamment le Maroc (pays à l’honneur) et le Brésil (pays invité spécial), apportant une dimension diasporique et transatlantique encore plus riche à la création africaine.
Des compagnies comme Alkebulan Danse (Côte d’Ivoire) ont revisité avec finesse la mémoire corporelle urbaine d’Abidjan. Des slameurs et conteurs ont porté haut la parole engagée. Le volet festivalier a offert une programmation accessible et foisonnante, investissant toute la métropole.

Un marché qui pense l’économie culturelle
Au-delà des spectacles, les rencontres professionnelles ont été le véritable nerf de cette édition. Le Village de l’Innovation et les ateliers de formation ont mis en lumière une nouvelle génération d’administrateurs et de producteurs. Abdramane Kamaté l’a affirmé avec force : « Abidjan s’impose désormais comme le hub incontournable des industries créatives africaines »

Abidjan, carrefour incontournable
Les rideaux sont tombés sur le MASA 2026, mais l’élan est lancé. La métropole ivoirienne a montré qu’elle sait non seulement recevoir le continent, mais aussi le projeter vers l’avenir. Le Rendez-vous est déjà pris pour la prochaine édition.
Francine Alibaka
Crédit photo : Masa Officiel