Be Tchakala : Quand l’art urbain transforme les murs de Douala

avril 6, 2026 0 59

 

L’Institut Français du Cameroun (IFC) à Douala a accueilli vendredi dernier le 03 avril 2026 ,la restitution du projet Be Tchakala, une exposition collective d’art urbain qui a marqué la ville par la réalisation de 30 fresques murales dans plusieurs quartiers de Douala.

Initiée par Guy Kouekam (artiste plasticien), accompagnée par Louise Abomba(curatrice) et finalisée par Didier Toko (Fondateur du DOMAF), cette exposition met en lumière le travail d’une vingtaine d’artistes visuels camerounais. L’événement a combiné projection d’un film récapitulatif, échanges autour de la valorisation de la ville par l’art urbain, et découverte des œuvres exposées.

Un projet né de la volonté de faire sortir l’art dans la rue

 Be Tchakala est né de l’idée de transformer les murs de Douala en véritables supports d’expression artistique. Dans une interview accordée, Guy Kouekam, initiateur du projet, explique :

« L’idée de départ était de permettre aux artistes de s’exprimer directement dans l’espace public. Nous voulions que l’art sorte des galeries pour aller à la rencontre des habitants, raconter leur quotidien et embellir la ville. »

Le projet a abouti à la réalisation de 30 fresques murales dans différents quartiers. Par ailleurs, des cartes de fresques ont été réalisées pour permettre aux visiteurs de localiser facilement les œuvres dans la ville. Le style mêle street art, illustration pop et personnages stylisés, créant un univers coloré, ludique et contemporain.

Parmi les artistes participants figuraient Kingkor, Christo Beks, Lejobist, Sop, Raymond Kono, Tinie, Jahban Christ, Diesert, Abdalle Amara, Lobe Ndedi, Thugstyle Ink, Wesley, Djoss Art, Ensa, Jean Edouard, Nach Kezebou, Koko Richard et @ll-one.

De l’espace public à l’institution

 La restitution à l’Institut Français du Cameroun (IFC) Douala a marqué une étape importante : passer de l’intervention dans l’espace public à une présentation plus formelle. L’événement a offert un moment d’échange sur le rôle de l’art urbain dans la construction de l’identité visuelle de Douala et sur la manière dont les artistes contribuent à redessiner le paysage urbain. Le visionnage du film récapitulatif a permis de retracer le processus de création des fresques et l’impact sur les quartiers concernés.

L’exposition reste visible jusqu’au 24 avril 2026 à Doual’Art.

Be Tchakala ne s’arrête pas à Douala

 Guy Kouekam insiste sur l’ambition du projet :

« Be Tchakala ne s’arrête pas à Douala. Nous voulons que cette initiative voyage dans d’autres villes du Cameroun et, si possible, ailleurs en Afrique, en fonction des moyens disponibles. L’objectif est de créer une plateforme durable de création urbaine. » 

Quand le tourisme rencontre l’art urbain 

Parmi les panelistes présents, Olivier Malongté, entrepreneur dans le secteur du tourisme, a souligné l’intérêt de ce projet pour le développement touristique de Douala :

« C’est idéal pour nous qui travaillons dans le tourisme au Cameroun. Nous pourrons désormais dire à nos touristes de visiter ces quartiers remplis de fresques. Cela donne une nouvelle image de Douala, plus colorée, plus vivante et plus attractive. »

Un projet soutenu et porteur d’espoir

Be Tchakala bénéficie du soutien du Fonds Equipe France et de l’Ambassade de France, à travers le programme Ambassade Jeunes Créatifs. Ce partenariat souligne l’importance accordée à la création jeune et à l’art urbain comme vecteur de développement culturel et social.

Pour les artistes participants, ce projet représente une opportunité de visibilité, de professionnalisation et de dialogue avec le public. Pour la ville de Douala, il constitue une expérience concrète de réappropriation artistique de l’espace urbain.

Une belle initiative à suivre

Be Tchakala illustre une tendance croissante au Cameroun : celle d’artistes qui investissent l’espace public pour raconter leur ville, questionner son visage et proposer une vision plus colorée et humaine. En attendant la prochaine étape du projet hors de Douala, cette restitution à l’IFC reste un beau moment de célébration de la création visuelle camerounaise.

L’exposition continue de rappeler que l’art n’est pas seulement une affaire de galeries, mais aussi une affaire de rues, de murs et de rencontres avec les habitants.

Francine Alibaka

crédits photos: Armel Nfor 

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