Héritage : la 9ème édition du Festival Musina transmet la flamme aux jeunes générations
L’île de Jébalè, nichée dans le canton Bèlè-Bèlè (Douala IV), a posé ses pas dans la lumière du 20 au 22 février 2026, à l’occasion de la neuvième édition du Festival Musina. Porté par la vision du rappeur camerounais Killamel, de son vrai nom Armel Ndoumbè, ce rendez-vous a mêlé, trois jours durant, la grâce des traditions, la vigueur du sport, la beauté des arts et la profondeur de l’humanisme. Un seul cap, une seule flamme : transmettre aux plus jeunes l’héritage précieux du peuple Sawa.

Placée sous le signe de cette sagesse populaire, « Ce qui est à la fourmi le restera », l’édition 2026 a invité chacun à méditer sur la mémoire, la transmission et la préservation. À l’image de la fourmi, infatigable bâtisseuse de l’avenir, le festival a soufflé aux jeunes générations la nécessité d’habiter leur histoire, d’épouser leurs racines. En geste d’humilité et de reconnexion, les enfants ont foulé pieds nus la terre de Jébalè, renouant avec la chair même de l’identité. L’arrivée en pirogue, depuis les berges de l’hôpital de Bonassama, a ouvert le temps du sacré, inscrivant d’emblée le festival dans la continuité des ancêtres.
Tisser le passé et le présent
Le programme, habile tissage entre hier et aujourd’hui, a offert une mosaïque d’instants aussi vibrants qu’inspirants. Au cœur des journées : le tournoi de lutte traditionnelle Besua, une conférence consacrée au Madesan, cette philosophie éducative fondée sur la réciprocité et l’apprentissage du vivre-ensemble dès l’enfance, animée avec ferveur par le Dr Dousane Ebosse, des ateliers de pharmacopée et de cuisine héritée des mères, des randonnées sur les sentiers sacrés de l’île, des courses de pirogues fendant l’eau comme autant de prières liquides, une veillée de contes bercée par la parole des anciens, et des concerts live où la musique a fait vibrer les mémoires, avec Toto Guillaume, Étienne Mbappé et le légendaire Petit Pays. Killamel, gardien du souffle du festival, le rappelle avec constance : « Notre priorité demeure les enfants. Nous voulons leur transmettre nos traditions, notre mémoire, nos valeurs. Qu’ils sachent d’où ils viennent pour mieux bâtir où ils vont. » Au-delà du temps de la fête, Musina se fait agora, espace de reconnexion aux valeurs fondamentales : le partage, le respect, la dignité.
Quand la lutte devient prière
La dernière journée du festival a offert un tableau vibrant de ferveur et de fierté. Sous les ovations, la jeunesse a été célébrée, honorée, bénie. L’avenir s’est d’abord écrit dans le souffle des plus petits. En natation, le jeune Douala Diffoum, huit ans à peine, a frappé les esprits par sa détermination précoce. En lutte traditionnelle, c’est Elessa Essombe qui a captivé l’assemblée par une maîtrise rare à son âge.
Puis le souffle est monté, porté par les combats des poids lourds. Après une lutte d’une rare intensité, Mulolo II Georges s’est frayé un chemin jusqu’à la troisième marche du podium, salué par la foule. Mais le sommet de l’après-midi fut l’affrontement final, attendu comme une prière collective. Ce jour-là, Mbappe Mbangue s’est imposé avec panache, alliant puissance et grâce, pour s’emparer de la première place. Son triomphe, salué par les notables et les anciens, a consacré en lui bien plus qu’un champion : un exemple pour les générations montantes. Ces instants de gloire, bénis par les applaudissements du public et des autorités coutumières, ont rappelé que le sport, chez nous, est aussi affaire de transmission.

La parole des Autorités Traditionnelles
Sa Majesté Manga Tanga Alfred, chef de Jébalè 1er, a livré une parole empreinte de gratitude et d’espérance : « Accueillir cette fête de la mémoire est à la fois une fierté et une mission sacrée. Elle illumine nos coutumes, tisse les liens entre nous et offre aux enfants ce qu’ils ont de plus précieux : la connaissance de leurs racines pour marcher droit. »
Présent pour la troisième fois, Sa Majesté Jamil Songue Madiba, roi du Canton Bakoko Wouri, a réaffirmé son soutien indéfectible à l’esprit du festival. Parrain d’honneur lors de la précédente édition, il a cette année reçu un prix de reconnaissance, symbole de gratitude pour sa présence fidèle et son engagement à préserver la flamme Sawa.
Une promesse pour demain
Le Festival Musina 2026 aura tenu sa promesse : faire des jeunes non plus seulement les héritiers, mais les veilleurs de l’héritage Sawa. Pour les éditions à venir, Iyanka Agency s’engage aux côtés du festival comme partenaire officiel, afin de porter plus loin encore la lumière de cette transmission.
Rendez-vous est déjà pris pour la prochaine odyssée, dans la fidélité d’un projet qui, au cœur du village global, cultive la mémoire comme on cultive la terre — pour que jamais ne meure ce qui fait l’âme d’un peuple.
Francine Alibaka
1 Comment
Suzanne Tatiana
Merci et surtout bravo a iyanka pour ce magnifique sommaire..j’ai hâte d’y prendre part à la prochaine édition.
Iyanka au cœur de nos traditions 🫡