Iyanka Magazine N07

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Iyanka N° 07 est là

L’Afrique n’attend plus la permission pour exister culturellement

Ce septième numéro d’IYANKA est né d’une évidence : l’Afrique invente chaque jour des espaces inédits où la culture respire, se réinvente et rayonne. Des oasis, oui, mais pas ceux que l’on croit. Pas des havres de paix hors du monde, ni des retraites dorées pour esthètes fatigués. Des oasis vivants, bruissants, connectés. Des carrefours où l’héritage rencontre l’audace, où la tradition em-brasse le futur sans le craindre, où l’art, la technologie et l’humain tissent des liens nouveaux.  Nous avons arpenté ces territoires pour vous. De Bafoussam à Cotonou, de Dakar à Lagos, en passant par les couloirs des fintechs et les plateaux de tournage les plus audacieux, nous avons voulu montrer que la culture, aujourd’hui en Afrique, n’est plus un supplé-ment d’âme : elle est un moteur, une industrie, un langage universel.

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Ce septième numéro d’IYANKA est né d’une évidence : l’Afrique invente chaque jour des espaces inédits où la culture respire, se réinvente et rayonne. Des oasis, oui, mais pas ceux que l’on croit. Pas des havres de paix hors du monde, ni des retraites dorées pour esthètes fatigués. Des oasis vivants, bruissants, connectés. Des carrefours où l’héritage rencontre l’audace, où la tradition em-brasse le futur sans le craindre, où l’art, la technologie et l’humain tissent des liens nouveaux.

Nous avons arpenté ces territoires pour vous. De Bafoussam à Cotonou, de Dakar à Lagos, en passant par les couloirs des fintechs et les plateaux de tournage les plus audacieux, nous avons voulu montrer que la culture, aujourd’hui en Afrique, n’est plus un supplé-ment d’âme : elle est un moteur, une industrie, un langage universel.

Notre voyage s’ouvre à Bafoussam, là où tout commence. Brice Albin Yamedzeu, l’enfant des montagnes de l’Ouest camerounais, porte aujourd’hui la voix de tout un continent sur les antennes internationales. Son destin n’est pas un hasard : c’est une leçon d’obstination et d’humilité, une main tendue à tous ceux qui, comme lui, rêvent grand sans jamais oublier d’où ils viennent. Dans ses silences et ses prises de parole, il incarne cette génération afropolitaine qui navigue entre racines profondes et rayonnement mondial. Son histoire ouvre ce numéro comme une promesse : l’excellence est une affaire de constance, et les oasis se construisent d’abord en soi. De la parole à l’image, il n’y a qu’un pas. Nous le franchissons avec Patience (Sabali) , ce film né d’un simple coup de fil entre Val-entin Guiod et DJ Snake, et devenu une odyssée sensible aux frontières de l’exil. Onze minutes de cinéma brut, humain, documen-taire, où la musique d’Amadou & Mariam porte une réflexion universelle sur l’attente, le départ et le retour. Un ovni artistique qui brouille les genres et nous rappelle que la création la plus puissante naît souvent de la contrainte et de la liberté donnée. Ce film est une oasis à lui seul : un espace de respiration où le spectateur est invité à ralentir, à ressentir, à s’interroger sur ce que signifie être chez soi quand on a quitté sa terre.

Puis nous changeons de registre, sans quitter l’idée de lien. LemFi, Taptap Send, Wave : ces fintechs sont bien plus que des applica-tions. Elles sont les nouveaux ponts numériques entre la diaspora et le continent, transformant le “dixième salaire” – ces 100 milli-ards de dollars annuels – en levier de souveraineté économique. Un transfert d’argent n’a jamais été aussi politique, aussi intime, aussi révolutionnaire. Ces oasis numériques redessinent les relations, abolissent les distances, et offrent à des millions de familles une dignité retrouvée. Là où les frais exorbitants atteignaient encore 8 % en 2025, ces plateformes inventent un nouveau modèle, plus juste, plus rapide, plus humain.

Direction le Bénin ensuite, ce nouvel Éden culturel qui ne se contente plus de raconter son histoire : il l’exporte. Avec un investisse-ment de 1250 milliards de francs CFA, l’ancien royaume du Dahomey s’est mué en laboratoire de soft power, où mémoire ressus-citée et rayonnement mondial marchent main dans la main. Un dossier qui montre que la culture est le plus beau des investisse-ments, et que le Bénin, en à peine une décennie, est passé du statut de simple dépositaire d’un patrimoine à celui d’acteur incon-tournable de la scène internationale. Ses oasis sont des musées, des festivals, des résidences d’artistes, des écoles où l’on apprend à conjuguer hier et demain. Cette vitalité, nous la retrouvons dans nos portraits croisés de quatre figures qui structurent le cinéma et la musique en 2026. Des hommes, d’horizons et de générations différents, qui dessinent les contours d’une industrie africaine en pleine métamorphose. Leur point commun ? Une certitude : l’Afrique n’attend plus la permission pour exister culturellement. Ils produisent, distribuent, trans-mettent. Ils bâtissent des empires sur des fondations que l’on croyait fragiles, et prouvent que le cinéma et la musique sont des oasis où se réinventent les imaginaires.

Parmi eux, Amadeus, l’enfant de Khombole devenu grand. Avec Yalla Du Juum, il choisit de danser son époque sans sacrifier la profondeur. Entre Chris Brown et Youssou N’Dour, il invente un maquis sonore où la sueur des nuits dakaroises rencontre l’ambition tranquille d’une génération qui sait où elle va. Son oasis à lui, c’est cette scène où le mbalax se fait universel, où les rythmes tradi-tionnels épousent les basses de la planète, sans jamais trahir leur origine. Et puis il y a OPA, l’architecte musical qui construit le Bénin de demain. Lui ne se considère pas comme une révélation, mais comme un bâtisseur. Dans un monde dicté par les algorithmes et l’éphémère, il pose des pierres durables, résistantes, essentielles. Son œuvre est un repère, une boussole pour ceux qui croient que la musique peut être un acte d’urbanisme culturel. Il ne construit pas des chansons, il construit des cathédrales sonores où les générations futures viendront se ressourcer.

IYANKA numéro 7 est une cartographie de ces nouveaux artistes. Il ne vous promet pas le repos, mais l’énergie. Il ne vous offre pas un refuge, mais des armes. Celles du rêve, de la persévérance, de l’innovation. Chaque article, chaque portrait, chaque reportage est une pierre apportée à l’édifice d’une Afrique qui s’affirme, se structure et rayonne. Car l’oasis, dans notre conception, n’est pas un mirage. C’est une réalité tangible, née de la volonté de celles et ceux qui refusent le déterminisme. C’est ce lieu, physique ou immatériel, où la culture devient un acte de résistance et de souveraineté. C’est cette con-versation entre Brice Albin et son public, entre un transfert d’argent et une scolarité sauvée, entre un film et les larmes qu’il fait naître, entre une chanson et les corps qu’elle fait bouger.

Ce numéro 7 est aussi un hommage à tous ceux qui, dans l’ombre, construisent c sans bruit. Les techniciens, les producteurs, les enseignants, les mères qui transmettent, les pères qui croient. Parce qu’une oasis ne fleurit jamais seul. Il est le fruit d’un écosys-tème, d’une communauté, d’une foi partagée en la puissance de la culture. À vous, lecteur, citoyen du monde dont le cœur bat au rythme des marées continentales, nous disons ceci : prenez ce numéro comme une boussole. Lisez-le, relisez-le, offrez-le. Et surtout, faites de votre existence une oasis pour les autres.

Larissa Songue Madiba

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