Description
Nos aïeux vivaient dans une simplicité authentique, nourris par des aliments naturels qui forgeaient leur robustesse. Aujourd’hui, hypertension, diabète et obésité rythment le quotidien, tandis que les prothèses dentaires remplacent des sourires jadis préservés par une alimentation saine, aujourd’hui dénaturée. Cette tradition que nous redécouvrons, que nous revendiquons, est celle que nous choisissons de reconquérir pour mieux savoir qui nous sommes. Elle se manifeste aussi dans notre manière de nous vêtir : les tissus traditionnels, les tenues ancestrales sont notre identité, une fierté à porter sans réserve. Dans certains pays africains, le pagne est bien plus qu’un habit, il est une conviction. Nous n’en sommes pas encore là, mais nous y tendons. Ce retour aux sources passe également par nos langues maternelles, celles que nous devons transmettre à nos enfants pour que la chaîne ne se brise jamais. Et si nous organisions des « soirs au village », où, le temps des grandes vacances, nous nous rassemblerions pour partager nos jeux traditionnels, nos contes au clair de feu ? Rendons hommage à ces écrivains qui perpétuent notre patrimoine linguistique et narratif, tandis que nos enfants portent désormais des prénoms africains.
L’éducation d’autrefois cultivait la résilience et la solidarité familiale, valeurs que nous devrions retrouver. Les jeunes, les parents, les grands-parents, de retour d’Occident après leurs études, ont été façonnés par d’autres modèles. Pourtant, ces dernières années voient renaître des liens transgénérationnels, où les aînés partagent leur sagesse avec les plus jeunes. Si nous voulons une Afrique authentique, il nous appartient de nous réapproprier notre histoire, celle du Cameroun, celle de tout un continent. Kémites, Kamites, nous affirmons avec fierté notre héritage, cette hospitalité ancrée en nous, que nous voulons comprendre, raconter et célébrer.
Revenir à soi ne signifie pas rejeter les autres cultures, ni celles que nous avons intégrées, mais simplement renouer avec notre essence première. Être soi.
Et dans cette renaissance, tout a sa place : le ntub’ekon (plantain pilé) et le ndolè (plats de légumes) côtoient sans complexe le gombo en quiche, une cuisine métissée où se mêlent saveurs locales et influences extérieures. Même la coiffure suit ce mouvement, les femmes assumant de plus en plus leurs cheveux naturels, libres et fiers.
Retour à l’essence. Retour à nous-mêmes.
Edito de Reine du Canton Bele Bele
Reine Bwanga Mbappe

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